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Ok, I got it
La Coupe Stanley, à l’origine un bol à punch en argent d’une valeur de 10 livres, fut donnée en 1892 par Frederick Arthur Stanley, premier baron Stanley de Preston, 16e comte de Derby durant la dernière année de son mandat comme gouverneur général du Canada. Elle devait servir de trophée décerné chaque année au « club de hockey champion du Dominion ». Pour son obtention n’importe quelle équipe canadienne pouvait défier ses détenteurs. Lord Stanley avait édicté quelques règles concernant cette Coupe:

* La Coupe représentait le championnat de la ligue à laquelle l’équipe détentrice appartenait.
* La Coupe ne pouvait devenir la propriété d’aucune équipe à aucun moment.
* Les gardes de la Coupe avaient le dernier mot concernant les éventuelles disputes à propos de qui en était le détenteur.
* Les aspirants à la Coupe devaient avoir remporté le championnat de leur propre ligue.
* Les championnats (là où la Coupe pouvait changer de ligue) seraient décidés soit au terme d’un seul match, de deux match au total des buts, ou dans une série deux-de-trois, selon le désir des deux équipes impliquées. Tous les matches devaient avoir lieu sur la patinoire des champions défendant à des dates et à des heures approuvées par les gardiens de la Coupe.
* Le produit de la vente de billets des matchs de championnat devait être réparti également entre les deux équipes participantes.
* Une ligue ne pouvait pas compétitionner pour la Coupe deux fois au cours de la même saison.
* Les champions de la Coupe avaient la responsabilité de retourner la coupe en bon état quand ses gardiens le leur demanderaient.
* Les champions pouvaient ajouter un anneau d’argent à la Coupe pour commémorer leur victoire.

La Coupe fut originalement décernée en 1893 à l’Association Athlétique Amateure de Montréal (AAA) les champions de l’Association de Hockey Amateur (AHA), la meilleure ligue de hockey de l’époque.

Les Premières Années

Le premier match éliminatoire pour l’obtention de la Coupe Stanley eut lieu le 17 mars 1894, et le premier match décisif eut lieu le 22 mars de la même année. Cette saison vit quatre des cinq équipes de l’AHA terminer à égalité pour le championnat avec un dossier de 5-3-0. Ceci créait un problème pour les gouverneurs de l’Association de Hockey Amateur et pour les gardiens de la Coupe dans la désignation d’une équipe championne puisqu’aucune formule visant à départager les équipes en cas d’égalité n’était en place. Après de longues discussions et le retrait de l’équipe de Québec de la course au championnat il fut convenu qu’un tournoi à trois équipes aurait lieu à Montréal avec le club d’Ottawa obtenant un laisser-passer pour la finale (Il était le seul club « jouant à l’étranger »). La première finale de la Coupe Stanley de l’histoire vit l’Association Athlétique Amateure de Montréal défendre son titre avec succès avec une victoire de 3-1.

L’année suivante vit le premier défi être lancé pour l’obtention de la Coupe, par le club Queen’s University. Ce ne fut cependant pas sans controverse. Le 8 mars 1895, les Victorias de Montréal gagnèrent le championnat de la ligue, et par conséquent la Coupe Stanley. Cependant, plus tôt au cours de la saison, un match de défi avait été décidé entre les champions de l’année précédente, soit l’AAA de Montréal et l’équipe universitaire. Ce match avait été prévu pour le 9 mars 1895. Les gardiens de la Coupe statuèrent que, si l’Association Athlétique Amateure remportait ce match, cela signifierait le sacre des Victorias. L’AAA allait éventuellement remporter le match par la marque de 5-1, ce qui signifiait que leurs rivaux locaux étaient couronnés champions.

Le premier défi lancé avec succès le fut par les Victorias de Winnipeg, les champions de la Manitoba Hockey League. Le 14 février 1896, l’équipe manitobaine blanchissait les champions par la marque de 2-0. Pour la première fois, la Coupe était décernée à une équipe en dehors de l’AHA et de la ville de Montréal. Leur règne fut toutefois bref: les Victorias de Montréal, en remportant le championnat de l’AHA, demandèrent un match revanche. Dans ce qui fut décrit comme le match de hockey le plus attendu de l’époque, les Victorias de Montréal défirent les Victorias de Winnipeg par la marque de 6-5, le 30 décembre 1896.

La première série deux-de-trois devait avoir lieu en 1897 entre les champions de l’AMA, les Victorias de Montréal et ceux de la Central Canada Hockey Association, les Capitals d’Ottawa. La série s’est cependant terminée après un seul match, après que les Victorias aient démontrés leur nette suprématie en l’emportant 14-2. Il fallut attendre 1899 avant de voir une série deux-de-trois être effectivement jouée(même si les Victorias de Winnipeg déclarèrent forfait pour le second match - et concédant le championnat - à la suite d’une décision controversée de l’arbitre), et 1900 pour voir une série deux-de-trois se décider à la régulière.

1899 vit également la possession de la Coupe être défendue par deux équipes. Les Victorias de Montréal et les nouveaux champions de la l’AHA, les Shamrocks de Montréal défendirent leur titre contre les Victorias de Winnipeg et le club Queen’s University respectivement.

La finale de janvier 1902 fut la première où la Ligue de Hockey Amateure du Canada, (LHAC-CAHL) anciennement l’Association de Hockey Amateure n’était pas impliquée.

Le championnat de 1903 fut le premier dans lequel un match dut être repris. Le 31 janvier, le coup de minuit survint alors que le pointage de la seconde partie était toujours égal, 2 à 2 après 27 minutes de prolongation entre les Victorias de Winnipeg de l’AAA de Montréal. Par respect pour les joueurs juifs qui devaient observer le Sabbat, le match fut rejoué le 2 février et vit Winnipeg l’emporter 4-2 pour égaler la série. Un mois plus tard, l’Association Athlétique Amateure terminait troisième au classement de la LHAC avec les deux premières équipes à égalité. Le Coupe Stanley fut donc décernée au gagnant d’une série de deux matchs au total des points entre les Victorias de Montréal et les Silver Seven d’Ottawa. Les Silver Seven, en remportant le titre, furent forcés de le défendre deux jours plus tard contre les Thistles de Rat Portage, un défi qu’ils ont facilement remporté.

Le 30 janvier 1904, une partie régulière entre les Silver Seven et les Victorias de Montréal débuta tard dans la soirée et les deux équipes acceptèrent d’interrompre le match à minuit alors que les Silver Seven menaient par la marque de 4 à 1. La LHAC ordonna par contre la reprise du match au lieu d’en accepter le pointage au moment de son arrêt. Le débat qui suivit causa la défection des Silver Seven de la LHAC. La LHAC espérait que, l’équipe d’Ottawa partie, la Coupe reviendrait à son équipe québécoise, mais les gardiens de la Coupe en décidèrent autrement. Pour un temps les Silver Seven d’Ottawa ne firent partie d’aucune ligue avant de s’affilier avec la Federal Amateur Hockey League en 1905. Cette année vit l’un des défis les plus légendaires pour la Coupe Stanley. Les Nuggets de Dawson City parcoururent plus de 4000 miles (6400 kilomètres) depuis le Yukon jusqu’à la capitale canadienne et arrivèrent la veille seulement du premier match de la série. La fatigue fit des Nuggets une proie facile pour les Silver Seven. Le second match de la série vit s’établir plusieurs marques encore inégalées de l’histoire de la Coupe Stanley. Frank McGee marqua 14 buts dans une victoire de 23-2, la plus haute marge victorieuse de tous les matchs pour l’obtention de la Coupe Stanley.

L’année 1906 vit la création de l’Eastern Canada Amateur Hockey Association et, en décembre les premiers joueurs professionnels compétitionnèrent pour la Coupe Stanley et la remportèrent. Jusqu’en 1910, quand les gardiens de la Coupe statuèrent que seuls les joueurs ayant joué pour une équipe de la ligue en saison régulière pouvaient compétionner pour la Coupe, il était commun de voir les champions et les prétendants de faire appel à des professionnels pour les séries de championnat. Les Trolley Leaguers de Toronto furent la première équipe de hockey entièrement formée de professionnels à compétionner pour la Coupe, en 1908. La Coupe Allan se substitua alors à la Coupe Stanley pour les joueurs amateurs du Canada et la Coupe Stanley devint alors l’emblème de la suprématie du hockey professionnel.

1909 vit le départ de l’AAA et des Victorias de Montréal, les deux équipes amateurs restantes au sein de l’ECAHA, permettant à cette ligue de laisser tomber le mot « Amateur » de son nom pour devenir une ligue entièrement professionnelle. L’année suivante, sous le nom de Canadian Hockey Association, la ligue bannit les Wanderers de Montréal et les Sénateurs d’Ottawa, anciennement les Silver Seven, firent défection en milieu de saison pour la National Hockey Association (NHA) nouvellement formée après un défi pour la Coupe. Avec deux puissantes équipes, la NHA allait vite s’imposer comme étant la meilleure ligue du Canada.

En 1912, les gardiens de la coupe statuèrent que la défense de la Coupe aurait lieu seulement à la fin de la saison régulière de l’équipe championne. Auparavant, un défi pouvait être lancé à tout moment à l’équipe championne, dépendant des conditions de glace puisqu’il n’y avait pas de glace artificielle à l’époque, et il arrivait souvent qu’une équipe ait à défendre son titre plusieurs fois durant l’année.

Nouveaux Défis

En 1914, les Aristocrats de Victoria de la Pacific Coast Hockey Association (PCHA) défièrent in officiellement les champions, les Blueshirts de Toronto, dans une série de matchs d’exhibition. Il allait en résulter un accord entre la NHA et la PCHA selon lequel les champions des deux ligues s’affronteraient pour l’obtention de la Coupe Stanley. Cet accord, dans ses grandes lignes est demeuré en place jusqu’en 1926. La finale de la Coupe Stanley allait alterner entre l’est et l’ouest du pays chaque année pendant que les règlements différents de la NHA et de la PCHA alterneraient à chaque partie. Les Millionnaires de Vancouver allaient remporter la première finale officielle après cet accord trois matches à zéro contre les Sénateurs d’Ottawa en 1915.

L’année 1916 vit la première équipe américaine faire partie d’une ligue compétitionnant pour la Coupe Stanley: les Rosebuds de Portland. Ils furent aussi la première équipe américaine à participer à une finale de la Coupe Stanley cette même année qui vit les Canadiens de Montréal remporter le premier championnat de leur histoire. L’année suivante vit la première équipe américaine, les Metropolitans de Seattle, accueillir et remporter une finale de la Coupe Stanley. 1918 vit la dissolution de la NHA et son remplacement par la Ligue Nationale de Hockey (LNH). Les éliminatoires demeurèrent inchangées jusqu’en 1922, année de la formation de la Western Canada Hockey League (WCHL). Les champions de deux des ligues devraient s’affronter pour déterminer qui aurait le droit d’affronter le champion de la troisième ligue. En 1924, à la suite d’une dispute à savoir si un seul ou les deux champions des ligues de l’ouest devaient être envoyés dans l’est pour en affronter les champions, les Maroons de Vancouver de la PCHA et les Tigers de Calgary de la WCHL s’affrontèrent pour déterminer qui aurait droit d’accéder directement à la finale pendant que l’autre devrait jouer contre les Maroons de Montréal en demi-finale.

1925 vit la fusion de la PCHA et de la WCHL pour former la Western Hockey League. Sa disparition l’année suivante signifia la prise de contrôle exclusive du championnat de la Coupe Stanley par la LNH.

La Coupe Stanley depuis 1926

La Coupe a été décernée à chaque année depuis 1893, sauf en 1919 où l’épidémie de grippe espagnole força l’annulation de la finale entre les Canadiens de Montréal et Seattle. La série était égale deux victoires et une nulle de chaque côté quand survint le décès de Joe Hall des Canadiens suite à cette maladie qui affecta aussi plusieurs autres joueurs.

La Ligue Nationale allait adopter le format quatre-de-sept pour la finale de 1939. Ce format est toujours utilisé aujourd’hui.

L’année 1942 vit l’apparition de la ligne rouge au centre de la patinoire, et par conséquent par ce qui est considéré comme le hockey moderne. Cette année-là, les Maple Leafs de Toronto furent la première équipe de l’histoire à surmonter un déficit de 0-3 pour finalement remporter la Coupe Stanley en sept parties contre les Red Wings de Detroit. Les Maple Leafs de Toronto furent également la première équipe à remporter la Coupe trois saisons d’affilée en 1947, 1948 et 1949, exploit qu’ils répétèrent entre 1962 et 1964. Entre 1956 et 1960 les Canadiens de Montréal remportèrent la coupe cinq saisons d’affilée, une performance inégalée, en plus de participer à toutes les finales de la décennie. Ils vinrent à une conquête près de renouveler cet exploit en remportant quatre Coupes consécutives entre 1976 et 1979, tout comme les Islanders de New York entre 1980 et 1983.

Avec 24 conquêtes de la Coupe Stanley, les Canadiens de Montréal sont ceux qui l’ont remporté le plus souvent, les Maple Leafs de Toronto suivent avec 13 victoires. Les Red Wings de Detroit avec 10 succès viennent au troisième rang tout en étant au premier rang des clubs américains.

Graver son nom sur la Coupe Stanley

Il existe aujourd’hui trois exemplaires de la Coupe Stanley; la coupe avec le bol original, précieusement conservée au Temple de la renommée du hockey; « l’originale », présentée à l’équipe championne; et une autre destinée aux apparitions publiques et aux diverses promotions. La Coupe fait aujourd’hui 88 cm (35″ 1/4) et pèse près de 14,6 kg (32 lbs). Pour avoir son nom gravé sur la Coupe Stanley, aujourd’hui, un joueur doit jouer un minimum de 41 parties avec l’équipe durant la saison régulière, soit au moins la moitié des matchs, (en prenant évidemment pour acquis qu’il fait encore partie de l’équipe quand celle-ci gagne la Coupe) ou bien avoir pris par à au moins un match des finales. La LNH peut également accepter d’autres raisons après une étude cas-par-cas.